Situé au cœur de l’Afrique entre 14°20’ à 27°25’ de longitude Est et 2°16’ à 11°20’ de latitude Nord, le Centrafrique occupe une superficie de 623.000 km2, long de 1400 km et large de 600 km.
Il est limité au nord par le Tchad, au sud par la République Démocratique du Congo, à l’est par le Soudan et à l’ouest par le Cameroun (figure 1). Sa population s’élève à environ 3,7 millions d’habitants et il a deux saisons à savoir la saison sèche et la saison des pluies qui dure chacune six mois.
Le Centrafrique a une diversité géologique qui s’organise autour de deux ensembles à savoir les formations du socle, caractérisées par l’Archéen (400.000 km2 soit 2/3 du territoire), et les formations d’une couverture sédimentaire d’âge paléozoïque à quaternaire. Ces terrains sédimentaires couvrent le bassin du Tchad au nord et le bassin du Congo au sud.
Le Centrafrique présente des formations fluvio-glaciaires primaires (série de Mambéré et de Kombélé); des formations du Crétacé secondaire (plateau de Berbérati-Carnot et de Mouka-Ouadda); des formations récentes tertiaires (plateau de Mouka-Ouadda et plateau de Bambio) et quaternaires (bassin de la Sangha et aux abords du lac tchadien) (figure 2).
La République centrafricaine a un potentiel minier très important. Le plan minier national a identifié au moins 470 indices minéraux constitués de substances énergétiques, non métalliques, de métaux non ferreux, de diamant et or (figure 3).
En dépit du formidable potentiel minier et des gisements connus, seul le diamant et l’or sont exploités d’une manière artisanale.
Avec une production annuelle de l’ordre de 500.000 carats, la République Centrafricaine occupe le 10ème rang mondial par le volume et se place 5ème pour la qualité des pierres.
Son diamant qui se présente comme l’un des plus beaux diamants au monde de part sa qualité très recherchée représente dans son ensemble 75 à 80% de pierre de joaillerie.
Le pays possède également, des substances qu’on considère stratégique comme l’uranium, le pétrole ainsi que d’autres substances comme le fer, le calcaire, le cuivre…
Malgré cette immensité de richesse, la contribution du secteur minier dans le développement du pays reste jusqu’à présent en deçà de l’espoir attendu, avec seulement 4% au PIB et 40% de recettes à l’exportation.
Depuis les années 1930, les recherches sommaires engagées ne couvrent qu’une partie du pays. Portées sur le diamant et l’or en raison de leur valeur, ces recherches vont s’étendre à d’autres indices minéraux pour aboutir entre 1950 et 1960 à une levée géologique au 1/50 000 000e, mettant à jour quelques gisements, notamment :
A cela s’ajoute à des degrés divers l’étain, le nickel, le chrome et les terres rares.
La présence de greenstones belts donne la possibilité de découvrir de gros gisements primaires d’or. De même, la position du pays à cheval sur une zone mobile et sur la bordure du craton congolais fait espérer la mise à jour des kimberlites diamantifères
Enfin, les fosses sédimentaires de Doba au Nord voisines des bassins de Doséo et de Salamat ouvrent des perspectives pour l’exploration pétrolière.
Toutefois, malgré la présence des organismes de recherches, la couverture complète du pays n’a pas été assurée. Une grande partie de l’Est reste à prospecter, ce qui promet de véritables révélations, compte tenu de la richesse minérale des Etats voisins.
De plus, la plupart des travaux d’exploration sont concentrés sur des objectifs connus, à savoir, diamant, or, uranium, fer.
Il convient que l’exploration du sous-sol centrafricain reste à réaliser.
C’est à partir de 1920 que des prospections minières ont été véritablement entreprises, notamment par la Compagnie Equatoriale des Mines (CEM) dans le Centre et l’Est du pays.
Seuls l’or, le diamant, l’argile, la latérite, le quartzite et le granite ont fait l’objet d’exploitation artisanale et semi industrielle, tandis que les autres substances minérales demeurent à l’état d’indice.
Des travaux ont fait état d’autres indices dont les résultats sont présentés dans le tableau récapitulatif suivant :
| Substances Minérales | Formation Rocheuse |
Usage | Localisation | Observations |
|---|---|---|---|---|
| Diamant | Formation gréseuse et quartzites | Joaillerie, Industrie | MambéréKadei, Lobaye, NanaMambere | Exploitation artisanale et semi-industrielle. Toute la production provient des gisements alluvionnaires |
| Or | Formation gréseuse, granite, filon de quartz, quartzites dolérites, sable, latérites | Joaillerie, médecine, frappe de monnaie, thésaurisation, etc | Mambere-Kadei, Haute-Kotto, NanaMambere, Mbomou, Basse-Kotto, Haut Mbomou, Lobaye, Ouham, ouham - Pendé | Exploitation artisanale et semi-industrielle. Possibilité d’une exploitation industrielle avec la société AURAFRIQUE |
| Fer | Quartzites, ferrugineux rubané, latérites | Industrie métallurgique | Mbomou, Nana-Gribizi,HautMbomou, Ouaka, Haute-Kotto, Vakaga, Ouham | Non exploité. |
| Graphite | Formation gréseuse, schistes pyriteux, schistes quartzites | Crayon, ornement, ustensiles de cuisine | NanaMambere, MambereKadei, OmbellaMpoko | Exploitation artisanale sporadique |
| Calcaire | Carbonate du protérozoïque supérieur | Cimenterie, plâtres, craie, engrais, peinture | Mambere-Kadei, Lobaye, OmbellaMpoko, Kemo | Peu étudié |
| Uranium | Sédiments phosphatés, uranites primaires, calcaire uranifère | Energie nucléaire, armement | Mbomou, Kemo. | Etudié uniquement dans la zone de Bakouma. Actuellement URAMINE a repris les travaux |
| Cuivre | Filons de quartz, formations carbonées, grés quartzite | Industrie chimique, électricité, joaillerie | Vakaga, Mbomou, Lobaye. | Inexploité |
| Sel gemme | Sel gemme | Alimentation | Haut-Mbomou | Exploitation artisanale |
| Ardoise | Ardoise | Didactique | Ouaka | Inexploité |
| Zinc | Amphibolopyroxenites | Alliage, industrie Chimique | Mbomou | Etudié |
| Plomb | Amphibolites et amphybolopyroxenites galène | Bâtiment, armement, électricité, électronique, industrie chimique, imprimerie | Haut-Mbomou, Mbomou | Etudié |
| Eau thermale | Quartzites et grés, formation néotchadienne | Médecine, énergie, Cuisine | Mbomou, NanaGribizi, Vakaga | Exploitation artisanale |
| Latérite | Quartzites schistes, gneiss et amphibolites | Briques, tuiles, revetement, culture, ciment | Toute l’étendue du territoire en déhors des régions carbonatéés | Exploitation artisanale |
| Titane | rutile dans les alluvions, formation charnockitique | Médecine, industrie, sidérurgie, céramique et peinture | Ouaka,OmbellaMpoko, Haute Kotto, Haut-Mbomou | Non exploité |
| Thorium | Monazite dans les Alluvions | Armement, energie nucléaire | Ouaka | Non exploité |
| Nickel | Pyrite, chalcopyrite, latérite nickel | Sidérurgie, industrie automobile | Ouaka, Lobaye | Inexploité |
| Kaolin | Carbonate du protérozoïque supérieur | Céramique,médecine esthétique | Lobaye, Basse-Kotto | Exploitation artisanale |
| Manganèse | Quartzites, dolérite | Sidérurgie, industrie chimique | Ombella-Mpoko, Nana-Mambere, Haute Kotto | Inexploité |
| Quartz | Grès-quartzites, dolérite | Verrerie, construction, horlogerie, joaillerie | Ombella-Mpoko, Ouaka | Partiellement étudié |
| Quartzite | Formation du protérozoïque supérieur | Construction | Ombella-Mpoko | Exploitation artisanale |
| Argiles complexes | Carbonate de la série de fatima | Construction, ustensiles de cuisine, fabrication des matériaux réfractaires, alimentation du bétail | Ombella-Mpoko | Exploitation artisanale |
| Granite | Granite | Construction, ameublement, sculpture | Ombella-Mpoko, Nana-Mambere, Ouaka | Exploitation industrielle et artisanale |
| Sables | Sable paléoTchadien, sable des cours d’eau | Construction, industrie | Sur presque tout le territoire, tous les cours d’eau | Exploitation artisanale |
| Zirconium | Alluvions provenant de l’altération des pegmatites | Energie nucléaire, industrie des réfractaires abrasif et céramique | Haut-Mbomou | Etudié |
| Cobalt | Formation superficielle, sédiment et volcanites | Sidérurgie colorant, catalyseur pour fabrication des essences alliages | Haute-Kotto, Mbomou | Etudié, mais non exploité |
| Chrome | Chromite en relation avec les séries charhockitiques, sédiment et volcanites, formation alluvionnaire | Sidérurgie, fabrication des réfractaires, industrie chimique | Ouaka, Lobaye, Mbomou, NanaGribizi, Ouham | Peu étudié |
| Lignite | Formation | Source d’énergie | Mbomou | Etudié et évalué en 1967 |
Toute la production de diamants de la RCA (530.991,68 carats exportés officiellement en 1994) provient de gisements alluviaux, que l’on pense être dérivés des formations des Grès Crétacés de Carnot-Berberati et de MoukaOuadda qui en seraient les roches magasins secondaires. L’origine des pierres est toujours inconnue. Bien qu’il soit une association géographique entre les gisements alluviaux et les grès, aucun diamant n’y a jamais été trouvé. On n’a pas identifié non plus des kimberlites ou d’autres sources bien que le contexte cratonique de la région y soit favorable. Des études sédimentologiques indiquent que les épandages fluviatiles des formations de Carnot proviennent du Sud. On suppose que la roche mère des diamants se trouve au Sud de la République Centrafricaine et qu’elle a été soit érodée, soit recouverte de sédiments plus jeunes
Des traces d’or sont relevés dans pratiquement tout le pays, certaines associées avec des granites tardi-tectoniques (par exemple le massif dans le nord de la feuille de Djéma). Beaucoup sont associées avec des quartzites ferrugineux abondants dans tous les affleurements du Précambrien. Seulement quelques gisements primaires ont été décrits à ce jour.
Il est certain que la prospection d’or primaire en RCA a été insuffisante à ce jour. La plus grosse partie de l’or a été surtout extraite des alluvions jusqu’à 1952 et exclusivement depuis. L’exploitation de l’or en filon ou même dans les matériaux d’altération nécessite des techniques et un équipement qui n’est pas à la portée des artisans orpailleurs, qui de toute façon préfèrent chercher le diamant. Depuis l’arrêt de la cartographie de reconnaissance en 1962, peu de prospection stratégique a été faite en RCA. Les quelques programmes d’exploration d’or ont été confinés aux indices connus. Peu de nouveaux gisements alluviaux et aucun nouveau gisement primaire n’ont été découvert depuis les années 40, ce qui est aberrant surtout si on se rappelle que les ceintures de roches vertes archéennes aurifères de Zaïre et du Cameroun voisins se prolongent en RCA.
La carte des indices miniers de la RCA montre que beaucoup des indices d’or sont associés avec des affleurements de quartzites ferrugineux rubanés, qui sont abondants dans tout le pays. La teneur de fer (surtout oligiste ou hématite spéculaire) est dans beaucoup de localités suffisamment élevée pour être qualifiée de minerai. Certains de ces itabirites (à Bogoin et Roandji par exemple) sont aurifères et font clairement partie des ceintures de roches vertes. Il est recommandé que l’on vérifie la présence d’or autour des affleurements de quartzites ferrugineux.
Le Commissariat à l’Energie Atomique (C.E.A.) a découvert un gisement d’uranium près de Bakouma après une campagne radiométrique aéroportée en 1959-60 suivie d’études au sol d’anomalies en 1961. Le gisement a été évalué en 1963 et 1968. Le gisement se trouve dans des sédiments phosphatés de l’Eocène, recouvrant des dolomies karstifiées du Précambrien, et préservés dans un bassin tectonique d’effondrement. Il est relativement profond et contient un pourcentage élevé de phosphate (2,5%), ce qui pose des problèmes de métallurgie. Les réserves sont estimées à 16.765 tonnes d’uranium métal avec un taux de 0,255% d’uranium.
Une Compagnie d’Exploitation(URCA) a été formée en 1975 par Alusuisse (33,3%), le Gouvernement de la République Centrafricaine (33,3%), le C.E.A. (16,7%) et d’autres actionnaires français (16,6%). L’exploitation n’étant plus économiquement rentable après la chute des cours de l’uranium, la compagnie a été dissoute en 1981. La compagnie japonaise Nuclear Power Corporation (PNC) a réévalué le gisement entre 1989 et 1991.
En 1976, Alusuisse a identifié la source des anomalies radioactives associées avec un granite à 140 km au Nord de Bangui. Il s’agit d’uraninite primaire disséminé et d’haïvesite, autunite et calcaire uranifères secondaires.
Des quartzites ferrugineux rubanés sont fréquents dans les affleurements du Protérozoïque (de l’Archéen au Protérozoïque) en République Centrafricaine. Ils sont composés d’une alternance de bandes millimétriques de quartz et d’oxydes de fer (hématite spéculaire, oligiste et magnétite). Localement, particulièrement dans les axes des plissements et à proximité de failles, le fer a été concentré sous forme d’itabirites à oligiste et magnétite avec jusqu’à 69% de fer métal.
Par exemple à Bogoin, un petit gisement à haute teneur a été identifié (3,5 millions de tonnes à 60-64% de Fe). D’autres concentrations de fer sont connues au Nord et au Nord Est de Bossangoa, au Nord Est de Sibut dans la région de Yalinga, et dans l’Est du pays dans les feuilles topographiques de Haute Kotto, Bangana et Dobane. Des bandes d’oligistes de plusieurs mètres d’épaisseur et jusqu’à un kilomètre de longueur de Yalinga.
On connaît dans la région de Ngadé au Sud Est de Birao, des filons de quarts massifs minéralisés en cuivre (pyrite, oxyde de fer, sulfure de cuivre malachite) disposés en échelon sur une distance de 5,5km. L’épaisseur des grains varie entre 0,5 à 14 m. La Direction Générale des Mines les a étudiés en 1965 et une équipe de géologues roumains les ont échantillonnés par rainurage en 1972. La teneur moyenne est de 0,3% de Cu pour 45 rainures avec une distance d’échantillonnage de 50 mètres. Huit échantillons ont une teneur entre 1,21% et 5,77% dont cinq successifs avec une teneur moyenne de 3,2% de Cu sur plus de 250 mètres. L’or est pratiquement absent.
Les veines de Ngadé ont toujours attiré l’attention des prospecteurs parce qu’apparemment elles sont associées à une structure orientée OSO-ENE dans le prolongement de laquelle se trouve le gisement de cuivre de Hofrat-enNahas au Soudan (350.000 tonnes) à 80km à l’Est.
Toutefois, les fractures orientées NE-SO qui contrôlent la minéralisation à Hofrat-en-Nahas sont absentes en Ngadé. Les veines de Ngadé, encaissées dans des quartzites du Protérozoïque Inférieur, transparaissaient à travers la couverture quaternaire de sables tchadiens. Il est possible que les affleurements de surface aient été lessivés et que les teneurs augmentent en profondeur, bien que la nature massive des veines le rende improbable.
La cuvette de Bakouma, au Nord de Bangassou, est potentiellement plus intéressante pour l’exploration des métaux de base. Ici le Protérozoïque Supérieur est préservé dans un bassin synclinal ouvert vers l’Est et le Nord. Des sédiments fluvio-glaciaires, dont des tillites grossières, sont recouvertes par des argilites, souvent silicifiées, qui passent vers le haut à des schistes argileux noirs et une dolomie épaisse (<200 m: rampe carbonatée). Des horizons chertifiés et ferrugineux se trouvent à la base de la dolomie. Ils sont recouverts par 50m de pélites ferrugineuses à pyrite, chalcopyrite et cuivre natif20. Les formations carbonatées et pélitiques de la cuvette de Bakouma ont des ressemblances avec des séries cuprifères du Katanga et du Nord de la Zambie. Des traces de cuivre ont été relevées aussi dans des indices aurifères à Moboma et Bogoin.
Le BUMIFOM a observé lors d’une prospection d’étain, une veine de quartz faiblement minéralisé en galène, pyrite et chalcopyrite dans le massif granitique de Yadé à l’Est de Paoua.
Des oxydes de cuivre ont été observés par Mestraud dans la partie Nord-est de la feuille topographique de Fodé.
Des anomalies en Cuivre (en roches et alluvions) ont été relevées par le B.G.R.M. près de Bakouma sur la feuille topographique de Boda.
De la cassitérite a été trouvé dans les concentrés de minéraux lourds à plusieurs endroits dans le pays. On n’a cependant jamais identifié une source primaire de cassitérite. Le BUMIFOM a conduit des campagnes de prospection d’étain entre 1950 et 1953 autour du massif granitique de Yadé dans le Nord-ouest du pays. Ils ont confirmé l’ubiquité de la cassitérite dans les alluvions, probablement dérivée de l’érosion de pegmatites. Mestraud et Bessoles (1982) ont délimité des localités où les concentrations sont significatives.
Au nord de Baboua, à l’extrémité ouest du pays, les concentrations de cassitérites dans les alluvions dépassent 200g/m3. Des concentrations plus élevés ont été enregistrées dans un affleurement de la Nzako, près de la Yalinga, en association avec une pegmatite altérée.
On a observé de la stannine dans une métadolérite au Sud de Bambari (Camp Brustier), associée avec la chalcopyrite et du mispickel.
Des concentrations de colombo-tantalite en alluvions supérieures à 100g/m3 ont été observées par le BUMIFOM, lors de leur campagne de prospection d’étain entre 1950 et 1953, au Nord et à l’Est de Bocaranga dans le massif granitique de Yadé.
Un nodule de manganèse (48,6% de Mn) a été ramassé en 1982 près de Boali, à 100 km au Nord-ouest de Bangui. L’analyse a donné 48,6% de Mn.
Parmi les autres indices de manganèse, il y a une latérite riche en manganèse (29%) au Nord-est de Ouadda (avec 0,64% de cobalt) et des petites concentrations dans la vallée de la Lobaye et à l’Ouest de Bouar.
Un échantillon d’amphibolo-pyroxénite prélevé à l’Ouest de Bambari contient 1,6% de nickel. Le B.R.G.M. a observé à l’Ouest de Bossangoa en 1972, une anomalie en Cu, Zn, Cr, Ni (de 2 à 4 fois le fond géochimique) dans un échantillon alluvionnaire pris des métasédiments quartzitiques entourés de dolérites. D’autres anomalies de nickel et chrome, associées à des massifs amphibolitiques, sont connues sur les feuilles topographiques de Boda, Kaga Bandoro et Fodé.
Des concentrations allant jusqu’à 15kg/m3) ont été enregistrées sur les feuilles de Paoua et Bossangoa dans des alluvions de la Ouham en aval de Bandakota.
Des schistes quartzitiques du complexe de base Nord-est de Bianga contiennent un horizon de schistes à disthène qui n’est pas un minéral détritique courant.
Le graphite est extrait occasionnellement à échelle artisanale d’amas veineux encaissés dans les schistes quartzeux et des gneiss près d’Alim à la pointe Ouest du pays et près de Nadziboro au Sud de Bouar. Il est utilisé pour vérifier les poteries. Les schistes graphitiques sont courants dans les schistes quartzitiques du Protérozoïque Inférieur.
Le C.E.A. a découvert du lignite en 1967 à 30 km au Nord de Bakouma lors d’une campagne de forage pour l’uranium. Ce gisement de 3.000.000 m3 a été à un moment donné envisagé comme source d’énergie pour l’exploitation de l’uranium. Le lignite qui peut avoir jusqu’à 40 mètres d’épaisseur fait partie d’une succession de sédiments de l’Eocène préservés dans une cuvette tectonique. Ce gisement de lignite a été étudié en détail par CHERCHAR en 1977.
Les calcaires et dolomies, bien que rares, sont connues dans plusieurs régions du pays dans les formations terminales du Protérozoïque Supérieur. Des gisements près de Bangui (Fatima, Bobassa) ont fait l’objet de plusieurs études de leur viabilité économique pour la fabrication du ciment. Les calcaires subhorizontaux de Bobassa, sur l’Oubangui à 30 km en aval de Bangui, pourrait convenir mais la proximité de la rivière pose un problème d’exploitation, le haut des bancs de calcaire est en-dessous du niveau de l’eau. Les réserves établies par forage s’élèvent à 10 millions de tonnes avec en moyenne 92% de carbonates. La couverture schisteuse convient comme adjuvent pour la fabrication du ciment.
Il y a des projets pour suivre le sub-affleurement de calcaire (il est sous 10 à 15m de couverture) loin de la rivière.
A Bimbo, près de Bangui, l’argile est exploitée pour la fabrication des briques. D’autres gisements d’argile sont connus à Bombabia (à 55km de Bangui sur la route de M’Baïki) et au PK22 sur la route de Boali, mais ils doivent encore être évalués.
Les terres rares sont un groupe de métaux aux propriétés voisines comprenant le scandium 21Sc, l'yttrium 39Y et les quinze lanthanides. Ces métaux sont, contrairement à ce que suggère leur appellation, assez répandus dans l'écorce terrestre, à l'égal des métaux usuels. Leur nom vient du fait qu'on les a découverts au début du XIXe siècle dans des minerais (d'où le nom de « terres », utilisé à l'époque en français, langue des échanges internationaux, pour les oxydes) peu courants à cette époque : terres rares signifiait donc « minerais rares ».
Ils sont, la plupart du temps, présents simultanément dans les minerais tels que la bastnasite, la monazite, la loparite (niobiotitanate), l'apatite, le xénotime (orthophosphate) et les argiles latéritiques.
Leur abondance dans la croute terrestre varie du cerium, le 25e élément le plus abondant (60 ppm), au thulium et au lutecium, les terres rares les moins abondantes (0,5 ppm). Sous forme élémentaires, les terres rares ont un aspect métallique et sont assez tendres, malléables et ductiles.